Asie / Thaïlande

Le Portugais

Partie 1 par Jean-Daniel
PAI ET SOPPONG, THAÏLANDE (8 au 14 novembre 2013)

On est le 30 novembre! Bien des choses se sont passées depuis Sukhothai. Ce fut un genre de Costco d’événements, d’émotions et de rencontres. Mais tout d’abord, j’aimerais rectifier le tir concernant les cafés instantanés : à Chiang Mai, pour 60 bahts (2 $), vous pouvez avoir un café au lait meilleur qu’à Montréal! Et si vous avez un budget plus gros que le nôtre (notre budget : 50 $ par jour pour 2 personnes), vous pouvez vous procurer un café Starbucks pour 100 bahts (3,30 $). Vous imaginez bien que nous nous sommes gâtés un ti-peu, parce que les sachets Nescafé 3 en 1 (café, Coffe Mate, sucre), ce n’est pas humain! C’est tellement triste qu’on a le goût de pleurer à chaque gorgée! Ceci dit, on vous parlera de Chiang Mai et de son fameux festival de Loy Krathong dans le prochain article. Car avant Chiang Mai, il y a eu Pai et Soppong.

Pai se prononce « Paille ». Ok, je vous arrête tout de suite : tous les jeux de mots ont été faits avec le mot Pai, et ils sont tous poches, y a rien de drôle à dire en public « Chapeau de Pai » ou bien « Je bois ma liqueur avec une Pai ». C’est poche, hein? Donc, revenons à nos moutons. Pour se rendre à Pai à partir de Chiang Mai, il faut parcourir exactement 762 courbes dans les montagnes. Le Lonely Planet écrit ceci à propos du trajet : « […] mais le trajet risque de vous causer quelques frayeurs! » Je changerais « quelques frayeurs » par « un sale mal de cœur »!

Malgré les 762 courbes, nous sommes arrivés sains et saufs. Je ne veux surtout pas imaginer ce que ça aurait été si le conducteur de notre bus avait mis le dernier album de Sylvain Cossette… Je ne crois pas que j’aurais eu la force de continuer. Pai se situe dans une vaste vallée, on dirait un petit nid. Même si elle ne compte que 5 000 habitants, la ville est très touristique, donc il y a beaucoup de monde. Mais il y a toujours moyen de trouver son compte, la fête ou la paix, faites votre choix, Pai vous le permet. C’est ça qui est bien!

Le meilleur moyen pour profiter de cette région, c’est la location d’un scooter (ou motorbike, quand tu dis motorbike, t’es vraiment plus cool, c’est Jean Airoldi qui l’a dit). La campagne et les petits villages qui se situent autour de la vallée nous offrent un spectacle grandiose. Les routes sont agréables. Surtout qu’elles ne sont pas très achalandées. Nous, on a choisi la paix!

Non loin de Pai, à 40 km de là, se trouve le petit village de Soppong. Je vous entends déjà me poser la question suivante : « Jean-Daniel, mais qu’est-ce qu’il y a à Soppong? » Et je vous réponds : « Il y a une caverne; il y a une rivière qui la traverse. Pour la visiter, il faut engager un guide à l’entrée, le guide est cool parce qu’il a une lampe à l’huile qui permet d’éclairer dans la grotte. Ensuite, arrivés à la caverne, on doit louer les services d’un radeau en bambou, parce qu’il y a une rivière. » Vous : « Hoooooooooooooo une rivière! » Moi : « Oooooooooui une rivière! » Vous : « Hoooooooooo un radeau en bambou! » Moi : « Oooooooooui un radeau en bambou! »

Nous nous sommes rendus en scooter sur la route en zigzag (première fois que j’utilise ce mot à l’écrit dans ma vie, je suis tout ému) dans les montagnes. Dominique avait des frayeurs, paraîtrait-il. Et nous avons effectivement visité la caverne… En fait, c’est l’attraction touristique de Soppong. C’est très impressionnant de pouvoir entrer dans ce genre de lieux. C’est chaud, c’est humide, ça pue. (Ok les esprits tordus, décrochez!) Au crépuscule, à la sortie de la caverne, on peut voir des milliers d’hirondelles (300 000 à ce qu’il paraît) rentrer à l’intérieur, car leurs nids s’y trouvent, et les chauves-souris prennent le relais pour aller chasser. Sauf que lorsque le soleil est couché, faut revenir à pied jusqu’à l’hôtel dans la jungle… On se pense « tough », mais quand tu as vu dans le jour des araignées plus grosses que la main de ta blonde et un serpent long de 3 mètres, tu regrettes les années de scoutisme que tu n’as jamais faites. Blonde : « J’ai peur! » Moi : « Voyons dont, moi, je vais te protéger! Je suis « tough », moi! » Mais dans le fond, je m’ennuyais de ma mère! Nous sommes bien sûr arrivés sains et saufs à l’hôtel, sauf que si nous avions rencontré Sylvain Cossette dans la jungle, je ne crois pas qu’on s’en serait sorti!

Finalement, nous sommes retournés à Pai. Nous y avons laissé notre fidèle moto. Nous avons pris le premier autobus pour Chiang Mai le lendemain matin. J’ai même eu le temps de boire un Nescafé 3 en 1 dans la rue. Petite remarque : la rue dont je vous parle est la rue principale touristique de Pai. Le jour et le soir c’est rempli de gens, de piétons, de motos, parfois d’automobiles, les bars et les restaurants sont là, mais le matin tôt, c’est paisible, c’est calme, c’est plus « local » et on réussit malgré tout à apprécier un Nescafé 3 en 1!

En attendant l'autobus pour Chiang Mai, Jean-D qui semble apprécier son Nescafé 3 en 1!

En attendant l’autobus pour Chiang Mai, Jean-D qui semble apprécier son Nescafé 3 en 1!

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Partie 2 par Jean-Daniel & Dominique
LE PORTUGAIS

C’est l’histoire de Joāo le Portugais qui est allé visiter son cousin à Dubaï pendant 2 semaines. À la fin de son séjour, son cousin lui a offert un billet pour aller en Inde. Même si ce n’était pas prévu dans le plan, Joāo n’a pas hésité. Il a passé un mois en Inde à voyager en train, en autobus, en tuk-tuk, etc. Il a alors décidé de s’acheter une moto. Il était tombé en amour avec l’Inde, il s’est dit : « J’ai un visa de 6 mois, je vais l’utiliser jusqu’à la toute fin. » Son but : rouler en moto, à tous les jours et se rendre jusqu’au bout du chemin.

Assez fou comme idée, et plusieurs gens n’auraient pas pensé de faire ça, mais Joāo, oui. Il a dû franchir plusieurs obstacles qui auraient découragé beaucoup de voyageurs. Il a traversé toutes sortes de ponts : des ponts en bambou, des ponts en bois pourri. Parfois, pas de pont, il devait passer directement dans la rivière. Mais la palme des ponts revient au pont en fil de fer avec un fond en planches alignées aussi larges qu’un pneu de moto et qui traverse une rivière à fort débit. Si la moto ne reste pas sur les planches, c’est le vide…

Il a roulé sur des routes inimaginables, sur des routes enneigées, sur des routes qui n’étaient plus là à cause des moussons. Il a eu plusieurs bris mécaniques dans des coins reculés où personne ne passe. Mais toutes les fois où il tombait en panne, et qu’il était seul au monde, perdu loin de tout, il riait de son malheur. Il était le gars le plus heureux. Pourtant, il n’est pas fou. Et quand tout espoir semblait perdu pour de l’aide, quelqu’un passait par là. Et ces gens qui l’ont croisé l’ont toujours aidé. João ne calcule plus les fois où il a pleuré de bonheur.

Bref, il roulait avec sa moto tous les jours. Quand arrivait le soir, il se cherchait une place pour dormir. Certains villages ne disposaient pas d’hôtel. Alors les gens l’hébergeaient comme un des leurs.

Il a chanté avec des babas, marché avec des moines, roulé avec des Français qui traînaient un immense trampoline qu’ils installaient un peu partout, au grand bonheur des jeunes et des moins jeunes!

João s’est finalement rendu au bout de la route. Ça serait trop long à vous raconter, mais la fin de son aventure en Inde s’est terminée comme un film.

On a passé trois jours avec lui à Suppong. Son récit nous a fascinés, ses vidéos nous ont émerveillés et le gars nous a inspirés.

Lever du soleil à Soppong. De gauche à droite: Dominique, Jean-Daniel, João le Portugais et Djariel

Lever du soleil à Soppong. De gauche à droite: Dominique, Jean-Daniel, João le Portugais et Djariel

Les aventures de João nous ont offert une perspective que nous n’avions pas jusqu’à maintenant. En écoutant ses histoires, on se disait « Wow, quelle aventure! C’est tellement incroyable ce qu’il fait, mais aurions-nous le courage d’en faire autant? » Étrangement, ça nous a rappelé plusieurs commentaires qu’on a entendus au Québec avant notre départ. Est-ce que les gens ont cette perception de notre voyage? Et qu’est ce qu’on répondait à ce genre de réflexion? « Non, on n’est pas si courageux, c’est tellement plus facile que ça en a l’air. L’être humain s’adapte à tout! On a qu’une seule vie, il faut en profiter à fond! » Hum… Y’a de quoi méditer là… Peut-être que sans le savoir, le Portugais nous aura donné le coup de pied qu’il nous manquait. Peut-être qu’il nous aura inspirés à aller voir plus loin que le sentier touristique, à sortir de notre zone de confort pour explorer un peu plus loin. On verra. Mais déjà, d’autres portes se sont ouvertes. Des itinéraires qu’on n’envisageait même pas commencent à se dessiner. Et la beauté de ne pas avoir de plans, c’est qu’on peut les changer n’importe quand!

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