Asie / Vietnam

L’Intensité

Quand je me suis levé le premier matin, les lueurs du soleil frappaient les pics rocheux. J’ai ouvert la fenêtre de ma chambre d’hôtel, qui était située en plein cœur des rizières inondées de Tam Coc, et je l’ai dit… J’ai cité le bon vieux et sympathique Robin Williams. « Goooood Morning Vietnam! » C’était cliché pas mal, mais combien d’entre vous rêvez de dire ça? Surtout que le dire au Vietnam, ça beaucoup plus d’impact qu’au Québec. Imaginez un « Good Morning Vietnam » au Québec, ça perd toute sa saveur, comme un pouding au chocolat qui goûte juste le brun…

Donc voilà, nous sommes au Vietnam. Encore une fois, la langue a changé. L’écriture aussi. Ici, contrairement à la Thaïlande et au Laos, on utilise le même alphabet que le nôtre. Je me suis dit que c’était pour être beaucoup simple à comprendre et à apprendre. Oooooooooh que je me suis planté! Tout d’abord, il y a ces différents accents inconnus sur certaines lettres. Et aussi toutes ces lettres qui ne se prononcent pas comme nous. En d’autres mots, la première fois que tu vois une enseigne en vietnamien, ça ressemble à un amalgame de fautes d’orthographe, avec en prime un ti-coune qui a décidé de « scrapper » les voyelles avec des accents loufoques. Au final, c’est toi le ti-coune, car tu essaies de lire, mais tu l’as pas pantoute. Alors les Vietnamiens rient et ne te comprennent pas (ou comprennent autre chose… haaaaaaaaaaaa c’est peut-être pour ça qu’ils rient!)

Affiche vietnamienne.  Essayez dont de lire ça comme il faut...

Affiche vietnamienne. Essayez dont de lire ça comme il faut…

Une autre chose qui frappe, c’est l’intensité. Le Vietnam, c’est la Thaïlande sur le « speed ». Dans les transports, tout est rapide. On oublie parfois de respirer. On oublie parfois de penser. C’est pas reposant. Et il y en a du monde dans les transports! Bienvenue dans des montagnes russes d’émotions. Je vais vous épargner nos premières 24 heures dans le pays, mais c’était juste assez pour le juger (trop vite). Une chance, il y a toujours quelque chose qui arrive pour te faire dire: « Wow quel beau pays! » On en a vécu des moments où on était tellement frustrés, et bang! Ça rentre dedans, il se passe quelque chose de vraiment incroyable. C’est ça l’intensité vietnamienne. C’est comme quand tu te surprends toi-même à verser une larme dans « Retour Vers Le Futur 3 », quand la DoLorean de Marty Mcfly se fait détruire par un train, tu es comme content/malheureux, le sentiment est ambigu. Soudain, Doc arrive en train qui voyage dans le temps, tu t’y attendais pas, t’es content, et c’est prometteur pour la continuité de leurs aventures. Vous me suivez?

Mais c’est pas tout, les Vietnamiens eux-mêmes sont aussi très intenses. Ils ne sont pas aussi doux que les Laotiens, ça c’est certain. Mais ils sont en même temps tellement gentils et toujours prêts à t’aider, ils sont fiers de leur culture et veulent la faire connaître. La coquille est juste un peu plus dure à percer. La preuve, on s’est fait inviter dans un village à prendre le thé chez un vieil homme. Après 3 tasses de thé et un shooter de whisky de riz fait maison, il nous a montré des photos de lui plus jeune. Une photo le montrait dans ses habits de soldat : on a ainsi réalisé qu’on prenait le thé avec un vétéran de la guerre du Vietnam!!! Imaginez notre échelle d’intensité émotionnelle à ce moment. Et là, je ne vous ai pas parlé du jour de l’an qu’on a passé avec une bande de Vietnamiens : une gorgée de bière et les premières notes de musique techno, c’est tout ce qui leur faut pour qu’ils deviennent des « party animals »! C’est comme si leur « Dr.Jekyl » intérieur prenait un break pour laisser la place à leur « Mr. Hyde »…

Cette intensité, elle se retrouve évidemment à Hanoi, la capitale. Quelle ville incroyable! C’est frénétique! Il y a un nombre inimaginable de cafés, de stands de bouffe de rue, de motos, de gens, de vendeurs ambulants, etc. Hanoi est un gigantesque Canadian Tire, mais en mieux. Tu peux prendre une bière à 5000 dôngs (ça c’est 25 cennes…hé oui, la vie est belle!) assis à un stand de bia Hoi (bière locale brassée quotidiennement) et là, il y a des vendeurs de rue qui passent. Ils vendent de tout. Bas, soutiens-gorges, t-shirts, fruits, plumeaux, poulets vivants, poulets pus vivants, porte-feuilles, briquets, plats Tupperware, TOUT! Tu peux trouver tout ce que tu veux sans avoir à te lever de ton tabouret miniature en plastique rouge. C’est un genre de Vietnamese Tire, si je peux me permettre! Et pour ceux qui pensent que c’est juste des attrapes-touristes, détrompez-vous. Quand on est atterris dans des villes comme Thanh Hoa et Haiphong (heu….. Thanh Hoa? Haiphong? Ça vous dit rien? Vous n’avez jamais entendu parler? Évidemment, ce ne sont pas des villes touristiques du tout), croyez-le ou non, on y a retrouvé les mêmes vendeurs qu’à Hanoi. (Pour votre plus grand plaisir, je me permets cette parenthèse pour un jeu de mots avec le nom « Haiphong » : Aye, Apple va sortir le Haiphong 6 bientôt! Ok, ma yeule, j’ai compris!)

Et il ne faut surtout pas oublier les livreurs en moto; toujours surchargés (trop de caisses de bière, trop de bonbonnes de propane, trop de sacs de riz), toujours avec des objets trop gros (réfrigérateur, divans, meubles), et toujours surprenants (un motocycliste qui roule à 50 km/h dans le trafic avec un bol de soupe plein dans une main, ou bien 5 étudiants sur un scooter, vous avez déjà vu ça?). Avec toute cette intensité, les 5 sens sont toujours interpellés à Hanoi, toujours! C’est pour toutes ces raisons qu’Hanoi fait partie de mes trois villes favorites. (Voici mon top 3 : 3-Hanoi, 2- Montréal, 1- St-Isidore-du-Lac-À-La-Mouche, une ville de 50 habitants dont 6 chèvres, 8 vaches et 2 poneys nains. Petite note intéressante : seules les chèvres de St-Isidore peuvent se marier avec leurs cousines selon la Loi de Paulette de 1965, Paulette étant la première mairesse chèvre du Québec, source Wikipédia)

L’intensité vietnamienne se sent, on la respire. Et un moment donné, on l’aime. On adore cet aspect culturel. Il ne faut pas en avoir peur, car sinon, on passe à côté de quelque chose de gros.

Malheureusement, après deux semaines dans le pays, un nuage gris a assombri notre périple. On a vécu une perte totale de l’intensité quand on a découvert le trop méga-circuit touristique ultra-rodé, ultra-simple, ultra-facile, ultra-efficace et ultra-sécuritaire : l’Open Tour (bruit de tonnerre, hurlement de loup à vous glacer le sang et marche funèbre jouée à l’orgue). On est tombé dans le panneau pendant un certain moment. Ne pas vivre l’intensité, ça nous a fait perdre de vue la saveur du pays, c’était comme un pouding au chocolat qui goûte le brun…

À SUIVRE!!!

Le narrateur, ici interprété par le charismatique Pierre Chagnon, narre la fin de l’article :

« Nos héros vont-ils se sortir de cette impasse?
Nos héros seront-ils obligés de manger du pouding qui goûte le brun?
Vous le découvrirez dans le prochain article! »

Nous remercions Pierre Chagnon d'avoir pris le temps de narrer la fin de cet article.

Nous remercions Pierre Chagnon d’avoir pris le temps de narrer la fin de cet article.

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