Asie / Philippines

Les deux gringos de plus

Comme certains d’entre vous le savez, ma soeur Joanne et mon beau-frère Érick sont atterris le 26 avril dernier aux Philippines. On était content de voir des faces qu’on connaît. C’est sûr qu’on connaît la face de Serge Postigo, mais berslak, on aurait été vraiment déçus de le voir sortir de l’avion. On était content de voir du monde qui vient de notre place. Ça fait du bien! Parler avec notre accent, rire de nos jokes, avoir les mêmes références culturelles, conjuguer des sacres… S’il y a bien quelque chose qui me manque depuis 7 mois, c’est bien notre culture québécoise, notre manière de vivre, notre manière de penser. Étrangement, ce n’est pas la poutine qui me manque… Ni Francis Martin d’ailleurs… Et Léandre encore moins… Anyway,  Joanne et Érick ont été de bons ambassadeurs. Ils ont été de formidables compagnons de route; rien n’était compliqué avec eux, ils ont embarqué dans l’aventure et ont appris à voyager en dehors des tours organisés et des hôtels tout inclus. Car c’était leur première fois, berslak!

Et quoi de mieux que de leur donner une tribune, de leur donner la chance de parler de cette première fois. Cette première fois qui ne semble pas être la dernière… Donc, voici le récit de voyage des aventures de deux gringos de Farnham, Joanne et Érick, qui traite de nos 2 dernières semaines aux Philippines. (oui, oui, c’est vraiment eux qui ont écrit ce qui suit pour notre plus grand plaisir!).

Do, Jean-D, Joanne et Erick au Chocolate Hills, sur l'île de Bohol

Do, Jean-D, Joanne et Érick au Chocolate Hills, sur l’île de Bohol

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Vendredi matin, 5 h 00, le cadran sonne… Est-ce qu’on a dormi?  Pas très certains, mais on passe à autre chose, pas le choix.

Après une semaine d’enfer, de stress et d’un peu d’inquiétude, le moment qu’on attendait depuis des mois est enfin arrivé. Nous, les 2 gringos de Farnham, allons expérimenter le voyage en sac à dos pour la première fois! Heureusement que nos 2 guides nous attendent là-bas, ça enlève un peu d’inquiétude. Mais tout de même, on ne sait pas à quoi s’attendre…

Après 1 taxi, 2 autobus, 24 heures d’avion (dont 2 transferts, 1 retard d’avion et 30 minutes pour faire un des dits transfert) et un décalage horaire de 12 heures, ça y est nous sommes rendus. Ce qui semblait tellement improbable il y a quelques semaines est maintenant arrivé.

Manille 

On avait été avertis, mais ça frappe quand même quand on arrive. Déjà à l’aéroport, l’odeur d’ammoniaque (pour ne pas dire de pisse!) mélangée à la chaleur humide nous rentre dedans. Est-ce que c’est l’avion qui rend ça pire que c’est? Peut-être, mais le dépaysement se fait sentir. Après avoir passé le chaos de la meute qui se jette littéralement pour donner les papiers de santé, nous voilà dans la file pour les douanes. C’est drôle, c’est là qu’on se rend compte qu’on est un peuple docile. Chez nous, ça nous semble inimaginable d’avoir une pancarte qui dit qu’on peut être arrêté si on ne fait pas un line-up. On voit une file d’attente et tout de suite on se range dans la ligne et on attend. Que ce soit au resto, au bar, à la caisse… Pas besoin d’un agent de sécurité pour s’assurer qu’on fasse la file.

Donc, après avoir trouvé notre navette pour nous rendre à l’hôtel, écouté des boy bands des années 90 à tue-tête sur le chemin de l’hôtel et s’être fait fouiller par un chien pisteur juste pour pouvoir entrer dans l’hôtel, nous voilà prêts pour une nuit de sommeil. Ni trop bonne, juste assez courte. Peut-être est-ce la fébrilité de retrouver Jean-D et Do, the best guides in the Philippines.

Dimanche matin, 6 h 00, le cadran sonne… Est-ce qu’on a dormi? Pas très certains, mais on passe à autre chose, pas le choix. On doit se rendre à l’aéroport pour prendre l’avion vers Bohol. Coudonc, me semble qu’on a  vécu  ça il y a pas longtemps! Est-ce le jour de la marmotte? Anyway. Après un déjeuner exotique de riz, de nouilles et de poulet, ça y est, c’est le temps des retrouvailles! La joie et le bonheur de se revoir étaient au rendez-vous, mais en même temps, on dirait qu’on les a vus la semaine passée… Bizarre.

On arrive à Bohol!

On arrive à Bohol!

Les transports

Nous voilà donc dans l’avion, en route vers Tagbilaran, sur l’île de Bohol. Arrivés sur la terre ferme, on doit se rendre à Loboc, un village situé à environ 1 heure de l’aéroport. Nos guides nous demandent si on veut vivre l’expérience à fond ou si on préfère le confort d’un taxi privé. C’est clair qu’on n’a pas fait tout ce chemin pour passer à côté de l’expérience! On décide donc d’y aller avec le tricycle et le jeepney, moyens de transport de prédilection des Philippins. Wow, 4 voyageurs avec leurs sacs à dos sur une bibitte rose, avec un de nos guides assis en sirène derrière le chauffeur, ça commence fort! Ça, c’était le tricycle qui nous a menés au terminus de bus. Ensuite, notre jeepney, un ancien jeep de l’armée américaine aux couleurs flamboyantes, nous mène à destination, mais pas avant qu’il soit rempli.

Et tant qu’à vivre l’expérience à fond, on a choisi comme habitation une hutte de la grosseur d’une tente, avec toilette qui se flush à la chaudière et une douche froide. Pour se rendre, on doit faire une petite marche de 1 km, à 30 degrés sous le soleil. Parce que notre hutte est située tout au bout d’une minuscule route de terre qui longe une rivière tropicale. Une première fois pour nos guides. On aurait dit que notre arrivée était déjà propagée avant même qu’on soit là! Tout le monde semblait être sur son perron et nous saluait sur notre passage. Y’a pas à dire, les Philippins sont aussi mémères que les Québécois !

Après 3 nuits passées au bord de la rivière, on bouge vers Panglao, toujours sur l’île de Bohol. Et là, tout a commencé avec la moto. Nos hôtes proposent d’aller nous déposer en moto à l’arrêt de Jeepney. Comment vous expliquer? Vous connaissez sûrement le jeu lorsqu’on nous étions enfants, « je mets dans mon petit panier, un brocoli, un melon d’eau »… et nous devions systématiquement nous rappeler dans l’ordre les choses que l’on met dans le panier… Alors, on a trouvé un nouveau concept de ce jeu qui pourrait être utilisé par les Philippins. Il faut seulement remplacer la phrase par « j’amène sur ma petite moto, le conducteur, un gros sac à dos, un passager, un petit sac à dos et parfois, une autre personne ». Et ceci n’est pas exagéré et tout à fait réaliste aux Philippines. Vous pouvez emmener tout ce que vous voulez sur votre moto. Tout est possible, il n’y aucune limite!!!

On attend donc notre Jeepney à l’arrêt. Le voilà qui arrive, bondé de personnes. Pas grave, quand on pense qu’il n’y a plus de place, il y a encore de la place! Nos bagages sur le toit, des petits bancs de bois dans le milieu de l’allée. Bingo, on est partis. Il ne faut surtout pas oublier les gens qui attendent le Jeepney en cours de route. Pour un bon voyage en Jeepney, claustrophobes et odeur de swing s’abstenir!

Pendant une pause, nos guides nous font un débriefing sur l’art de négocier un taxi. Art très important, surtout avec les chauffeurs de taxi qui nous attendent de pied ferme en voyant 4 gringos avec leurs gros sacs à dos.

Les taxis

Hé oui, en tant que petite fille d’un chauffeur de taxi, je ne peux passer à côté de ce moyen de transport que nous avons utilisé lors de notre séjour aux Philippines. Les tarifs sont quelque peu changeants, tout dépendamment de l’endroit où l’on arrive. Plus c’est touristique, plus il faut négocier. Si tu arrives à l’aéroport ou que tu débarques d’un bus de nuit à Manille, attends-toi à avoir les chauffeurs à tes trousses. Bizarrement, leur compteur n’existe plus. Il faut absolument négocier. Les conducteurs de taxi trouvent de nombreuses raisons pour ne pas utiliser leur compteur soit le trafic, la distance, le service rapide qu’ils veulent nous donner. Parlons-en du service rapide qu’ils veulent nous donner… Pour justifier leur coût, ils n’axent pas sur la sécurité. Oh que non! Ils ont pour objectif d’arriver à la destination en évitant le trafic en passant par les ruelles, dans les stationnements ou par des dépassements dans tous les sens, soit à gauche ou à droite et même s’il y a des voitures à contresens… Pour eux, c’est un bon service qui justifie un pourboire… Ils négocient même dans le taxi afin d’avoir du pourboire en plus du montant demandé. Chez nous, le pourboire est à notre discrétion! Aux Philippines, le pourboire se demande parfois explicitement.

Mais en dehors de l’aéroport et des arrêts de bus, lorsqu’on se trouve dans la ville de Manille et qu’on demande un taxi, les conducteurs utilisent leur compteur. Ils ont une conduite plus sécuritaire qui ressemble à celle des taxis du Québec. Mais je dois faire une parenthèse : je n’ai jamais pris un taxi à partir de l’aéroport de Montréal, peut-être que c’est comme aux Philippines!!!

Et le klaxon…

Le klaxon est un outil de prédilection pour tous conducteurs de véhicules aux Philippines. Chaque occasion est bonne pour utiliser le klaxon! Que ce soit pour dépasser un autre véhicule, pour signifier sa présence, pour saluer ou pour le plaisir. Pout! Pout! On klaxonne. Le klaxon magique peut également être utilisé pour faire ralentir les autres véhicules lors d’un dépassement à contresens! Hé oui! C’est différent, mais ça fonctionne! À ne pas répéter au Québec!

La plage

Les Philippines se démarque aussi par ses paysages à couper le souffle. Que ce soit la jungle, les rizières ou la mer.

Justement, la mer, parlons-en! Après la jungle de Loboc, nous voilà sur les plages de Panglao en mode relaxation. La mer, la plage, les couchers de soleil… tout pour relaxer! Et tant qu’à être là, profitons-en pour faire du snorkeling. On n’a pas été déçus, loin de là. On a eu droit à une diversité incroyable de poissons, de tortues, de coraux. Vraiment de toute beauté. Seul hic, le soi-disant guide de snorkeling était un brin vorace et quand on feel pas pour négocier, on a l’impression de se faire avoir. Mais après, quand on y repense, on se dit que c’était juste 5 $ par personne…

Les rizières

Comme toute bonne chose a une fin, on doit quitter Bohol et continuer notre périple de découvertes. Après un taxi, un vol d’avion, un autre taxi, l’attente dans la station d’autobus de Manille (dont la seule ressemblance avec les stations de bus qu’on connaît est le nom) et 8 heures de bus de nuit (avec un air climatisé qui ne ferait pas fondre les bonshommes de neige), nous voilà finalement rendus à Banaue.

Banaue

Banaue

Que dire de Banaue … hmmmmm… Disons qu’avec ses majestueuses montagnes et ses terrasses de riz, on se retrouve encore dans un monde complètement différent de ce qu’on a vécu depuis le début de notre périple. Notre hôtel est sur une colline avec vue sur les rizières et la ville. Dépaysement total! Après une petite sieste bien méritée, on part sur la route des view points où les paysages sont splendides. En chemin, on croise des vieillards en habits traditionnels (pour prendre des photos avec les touristes!) et on se rend compte du travail qu’ils ont en arrière du costume. Les madames, dont on ne pourrait aucunement deviner leur âge, se promènent carrément à angle droit. À force de planter du riz à longueur de journée, leurs dos sont restés en position penchée. C’était donc vrai quand nos parents nous disaient de nous asseoir droit sur notre chaise pour ne pas rester pris. Fallait aller à l’autre bout de la planète pour valider!

Le trek

En temps normal au Québec, à 35 °C au soleil, on cherche le spot d’air climatisé le plus près, on fait rien, on chiale qu’il fait chaud et bla bla bla et bla bla bla. Mais en vacances? À cette température, on part faire un trek de 3 heures, rien de moins! Non mais, pourquoi pas? Par contre le jeu en valait définitivement la chandelle. Notre guide nous a fait passer directement dans les rizières, qui sont érigées directement à flanc de montagne. Un travail de plus de 2000 ans, dans des montagnes à couper le souffle. C’est fou comment on se sent petit dans cette chaîne de montagnes. On regarde les photos prises et ça ne reflète tellement pas l’atmosphère et la grandeur de l’endroit.

Après notre trek, nous retournons au village pour nous laver avec l’eau brunâtre de la rivière avec une bucket shower et dormir dans une hutte traditionnelle avec notre amie la coquerelle.  Bizarrement, on ne pense même pas à la tuer, elle fait partie du décor, c’est tout…  Qu’est-ce qui se passe avec nous?

Hutte traditionnelle

Hutte traditionnelle

La nourriture

Le lendemain, on fait un autre trek de quelques heures, puis on retourne à Banaue. Après une bonne douche normale, nous décidons d’aller goûter un « halo-halo », qui veut dire « mix-mix » en tagalog. C’est un dessert typiquement philippin, composé de gélatine de toutes sortes de couleur, de macaroni, de patate douce, de lait condensé, de sucre et de glace concassée. C’est sucré et la texture est spéciale. On ne peut dire si c’est bon ou pas… Le mélange de sucre, de glace et de lait condensé donne un bon goût sucré, mais le mélange de gélatine, de macaroni et de patate douce donne une texture bizarre mêlée au lait condensé… Ce n’est pas un dessert qui nous manquera dans notre vie, mais qu’il faut goûter si on va aux Philippines… Parlant de sucré, les Philippins sont de vrais fans de sucre et d’amidon, surtout celui contenu dans le riz! Après avoir décortiqué la liste d’ingrédients des produits alimentaires du pays, nous avons pu constater que le ketchup est à base de banane et que la sauce à spaghetti est à base de ketchup. Hummm… Intéressant!

L’expérience

La fin de notre aventure s’achève. Hé oui, c’est déjà notre dernière journée aux Philippines. On en profite pour passer une journée de vacances, en voyage. Oui, on vous entend déjà dire de nous la fermer. Mais pour deux petits gringos de Farnham, ce n’est pas évident d’absorber tout ça. La journée de vacances était bienvenue! Notre dernière journée, on l’a vécue  « à l’occidentale » sur le continent de l’Asie. Au menu : magasinage, tartare de bœuf, agneau confit, bière, mojito dans un hôtel de luxe et j’en passe. On en profite aussi pour choyer nos guides… Et de voir the best guides of the Philippines heureux de manger une bonne bouffe depuis très longtemps, ça n’a pas de prix!

Ce fut deux semaines intenses, dépaysantes mais ô combien enrichissantes! Ce voyage a changé notre façon de voir la vie et notre manière de voyager. Voir tant de richesse à côté de tant de pauvreté nous a fait réfléchir. On nous a toujours fait peur sur le fait de voyager par nous-mêmes. On nous a toujours fait croire que c’est dangereux d’utiliser les mêmes transports en communs et blablabla et blablabla. Finalement, ce n’est pas pire que n’importe où; il faut rester vigilant sans avoir peur des gens. Surtout que les Philippins ont été très accueillants et gentils avec nous.

C’est avec tristesse qu’on a dit au revoir à Jean-D et Do pour retourner au Québec. On serait bien resté avec vous deux encore une autre semaine, minimum. Mais notre réalité nous attendait. Bon, ça y est, vous nous avez donné la piqûre du voyage! Quand est-ce qu’on repart chéri?

Erick et Joanne en vacances

Erick et Joanne en vacances

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Un avis sur « Les deux gringos de plus »

  1. C’est tellement le fun de lire sur votre voyage mon amie!!! Ça me redonne le goût de l’aventure de l’Asie!! Et les Philippines ont l’air magnifiques!

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