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Les marchés

J’ai décidé de vous parler des marchés parce que, avouons-le, ils sont assez trendy merci. C’est vrai! Tout bon Montréalais qui se respecte se rend régulièrement au marché Jean Talon pour se procurer des légumes frais, des saucisses fancy, des fromages qui puent et de la viande bio trop chère!

C’est aussi à peu près impossible de regarder une émission de voyage ou de bouffe sans qu’une séquence tournée dans un marché vienne nous donner le goût d’aller traîner parmi les aubergines, la fleur d’ail et les bottes de persil frisé. Surtout dans le cas des émissions de voyage. Car selon le Globe Cooker et Anthony Bourdain, chaque aventurier qui se respecte doit passer au bas mot les 2/3 de son temps à explorer les bazars, foires, souks et autres marchés de ce monde. Et vous savez quoi? Ils n’ont pas tout à fait tort! Ces endroits sont des concentrés d’exotisme et de culture. Ils sont des lieux rêvés pour observer la vie quotidienne et tenter de la comprendre un peu. Ils sont aussi parfaits pour apprendre à marchander, une pratique avec laquelle nous ne sommes pas familiers et qui inclut souvent beaucoup de gestes pas trop clairs, un peu (pas mal) de frustration et l’utilisation dramatique et abusive d’une calculatrice.

Sauf que. Ça a beau être à la mode, emballant, fascinant pis tout le bataclan, je soupçonne qu’il y en a une couple parmi vous qui ferait le saut! Comme ma belle-sœur Joanne, quand on s’est arrêtés dans un marché philippin à 9 h du matin. Je pense que cette journée-là, lorsqu’elle est passée sous les auvents de plastique qui ont la merveilleuse propriété de très bien concentrer les odeurs, elle a fait beaucoup d’efforts pour garder son déjeuner! Parce que vous vous en doutez sûrement, dans la réalité, ce n’est pas comme à la télé. Celle-ci offre une distance qui disparaît assez vite quand tu te retrouves là pour de vrai. Soudainement il fait 40 °C et tu as les deux pieds dans le jus de poisson. Et tu as beau être un adulte éduqué qui sait très bien que les filets mignons ne poussent pas dans les arbres, la première fois que tu te retrouves face à face avec un cochon éventré qui pend du plafond ou une tête de bœuf qui te regarde avec la langue sortie, tu restes un peu bête. Mais rapidement tu te rends compte que cette pratique de manger l’animal au complet est certainement plus saine que ce qu’on fait chez nous. En Asie, tout se mange. En Amérique aussi dans le fond, sauf qu’on appelle ça de la saucisse à hot dog…

Et un marché en Asie, ça pue. Pas mal. Ça sent un mélange de poissons séchés, de tripes d’animaux, de cigarette et d’odeurs corporelles pas toujours fraîches. Quand t’es chanceux, ça sent la coriandre. Ou la mangue. C’est la saison en ce moment. Au marché, il y en a des piles et des piles et des piles, qui dégagent un entêtant parfum sucré et épicé. Et quand t’es vraiment chanceux, il y a une section de fleurs. Là, ça sent vraiment bon! Mais bon, la plupart du temps, ça fait juste puer.

Et les normes d’hygiène sont loin, loin, loin, ben, ben loin de ce qu’on connaît. Comme ils n’ont pas de comptoirs réfrigérés, la viande et les poissons sont la plupart du temps déposés sur des piles de glace. Bonjour les mouches! Heureusement, certains étals sont équipés de systèmes sophistiqués composés d’un petit moteur qui fait tourner une tige à laquelle sont accrochés quelques bouts de sac de plastique. Le mouvement empêche les insectes de se déposer. Ça fait la job. Mais souvent aussi, les poissons sont simplement gardés vivants jusqu’à ce qu’un acheteur se présente. Ce qui fait qu’ils passent leur journée à gigoter dans leur bac. Et ça arrive parfois que les plus vigoureux réussissent à sauter par terre. Ce qui fait que c’est important de regarder tes pieds quand tu passes dans la section des poissons. Sinon tu fais comme moi et tu passes à un cheveu d’écraser un gros poisson-chat dans un marché à Bangkok. Des fois ils gardent aussi les poulets vivants, comme au petit marché près de notre appartement. J’ai évité la section. Mais quand j’y pense, dans un marché sans réfrigération, c’est la meilleure façon de ne pas avoir de perte. Et parmi tout ça, il y a souvent des chats qui sont couchés un peu n’importe où (ça, c’est le fun) et qui mangent peut-être les poissons qui se sont évadés. Et des fois il y a des rats qui sont gros comme des chats (ça, c’est moins le fun) et qui n’attendent pas nécessairement la noirceur pour aller fouiller dans les poubelles…

Mais, il y a aussi toutes les couleurs éclatantes et tous les fruits exotiques qui ne coûtent trois fois rien. Et les légumes bizarres qu’on ne connaît pas et qu’on a le goût d’acheter juste parce qu’ils sont beaux. Et les madames qui rient entre elles. Elles ont toujours l’air crampées! Et les monsieurs qui prennent mon chum par l’épaule pour lui vendre des bananes avec trop d’enthousiasme. Et les labyrinthes qui nous mènent de section en section, sans qu’on sache ce qui nous attend dans le détour. Il y a les tables d’offrandes couleur safran en Thaïlande. Il y a les marchandes avec leurs chapeaux pointus au Vietnam et les Cambodgiennes qui retournent à la maison en cyclo-pousse, avec leurs achats empilés autour d’elles. Et il y a la section des restaurants, qui semble toujours remplie peu importe l’heure, et où on s’est souvent régalés de soupes, de rouleaux de printemps, de nouilles et d’autres mets un peu drôles. On y mange la plupart du temps sur un minuscule tabouret de plastique rouge, entourés de bouteilles d’assaisonnements et de plats d’herbes fraîches, à deux pouces du tout petit espace de comptoir de la cuisinière, coincés entre une grosse bonbonne de propane, une presse de canne à sucre et deux ou trois caisses de plastique vides. On engloutit les coudes serrés, en faisant le plus de bruit possible. Un pur plaisir! Et c’est donc tout ça réuni ensemble, le beau comme le laid, qui fait que les virées dans les marchés font de maudits beaux souvenirs!

Comme vous l’avez sûrement deviné, depuis 8 mois, on en a visité des marchés! Des petits, des gros. Des qui respiraient, d’autres qui nous rendaient claustrophobes. Des où les produits étaient déposés pêle-mêle sur les tables et d’autres où les marchands les disposaient joliment dans des paniers ou des assiettes colorées. Ça tombe bien pour nous, le marché Chow Kit de Kuala Lumpur est un des plus intéressants et des plus diversifiés qu’on ait vus. C’est aussi celui qu’on aura visité le plus souvent puisque c’est là où on va acheter nos fruits et nos légumes. Ici, les marchands crient à tue-tête pour vanter les mille et une qualités de leurs produits et attirer les clients. Une première en Asie. Disons que ça met de la vie!

Mais je vais laisser nos photos parler d’elles-mêmes. Je vous en mets pas mal, de tous les marchés qu’on a visités, peut-être que ça rendra un peu l’atmosphère. Dommage que je ne puisse pas vous mettre aussi les odeurs!

Les marchés de Thaïlande

Les marchés du Laos

Le marché du District 4 à Saigon, au Vietnam

 Le marché de poisson de Kep

Un marché de Phnom Penh

Le marché Chow Kit de Kuala Lumpur

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2 avis sur « Les marchés »

  1. Bonne idée de nous amenez dans les marchés!
    Encore une fois très agréable de vous lire et Dominique apporte une autre couleur!

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