Asie / Myanmar (Birmanie)

Histoires no 1 et no 2

Histoire no 1 : 8 mois plus tôt

 Quand on est revenus d’Amérique Centrale, on a rêvé de l’Asie. On s’est levés un matin, et le Honduras, le Nicaragua, le Costa Rica et le Panama n’étaient que chose du passé. On a recommencé à travailler et à vivre, tout en s’accrochant à nos souvenirs. Et l’Asie commençait tranquillement à faire son chemin.

Quelque part en 2012, on a loué le film « The Lady », de Luc Besson. Il raconte l’histoire de Aung San Suu Kyie, une femme courageuse qui a sacrifié sa vie personnelle pour la défense de son peuple. On a été réellement inspirés par cette grande dame. Sur le même dvd, en bonus, il y avait un documentaire sur le Myanmar qui expliquait la situation politique du pays, gouverné par la junte. Un sentiment de vouloir aller voir en vrai a commencé à se faire sentir. (Vous devriez le louer, c’est vraiment bon!)

Et puis, j’ai lu « Chroniques birmanes » de Guy Delisle. Une bd autobiographique du bédéiste québécois qui a passé quelque temps à Yangon, car il est marié avec une médecin qui travaille pour Médecins Sans Frontière. L’alter ego de Guy Delisle partage sa vision et son expérience du pays. En plus, il doit s’occuper de son enfant dans un pays à des années-lumière de ce qu’il connaît. Encore là, le sentiment d’aller voir en vrai s’est fait sentir. (Vous devriez la lire, c’est vraiment bon!)

Et un jour, Aung San Suu Kyie est libérée.

Et un jour, on apprend que le boycottage touristique du pays, qu’elle-même demandait, est levé.

Et un jour, on a acheté nos billets pour l’Asie; le Myanmar a été une de nos nombreuses motivations. Il y a 8 mois, le 16 octobre 2013, on arrivait à Bangkok, en Thaïlande. Et 8 mois plus tard, nos pieds foulaient enfin le sol de Yangon!

Histoire no 2 : 8 mois plus tard

Bâtiment à Yangon

Yangon

On est là! Yangon, une ville figée dans le temps. On est vraiment ailleurs. Même après 8 mois de voyage, on est encore déstabilisés. L’Asie qu’on rêvait avant de partir, c’est ici. On se sent loin de notre maison. Les hommes sont en longyi (ce sont de longues jupes), les femmes et les enfants ont de la pâte blanche dans la face. Et leurs sourires sont rougis par la noix de bétel, qu’ils adorent mâcher.

Les chauffeurs de trishaw qui relaxent

Les conducteurs de trishaw qui relaxent

La circulation est folle. Ceux qui sont déjà allés au Vietnam, et qui se croyaient ben « tough » de traverser la rue à Hanoi ou à Saigon en se faufilant entre les motos et les voitures, hé bien, j’ai des petites nouvelles pour vous! Ici, c’est dangereux pour de vrai… Les autos ne ralentissent pas, ce sont comme des tanks, qui foncent drette dans le tas. Donc en tant que piétons vulnérables et loin de bons services hospitaliers, il faut regarder cinq fois plutôt qu’une avant de traverser. Les motos sont interdites à Yangon, une chance, parce que sinon, ça serait encore pire.

Yangon

Yangon

Les temples bouddhistes pullulent, ainsi que les mosquées. Et on croise aussi plusieurs églises, héritage de la colonisation britannique. Car Yangon possède aussi d’incroyables bâtiments, vestiges de l’ère coloniale. Malheureusement, plusieurs sont en mauvais état. Comme les bus de la ville. On est pas à New York, quoique Yangon est peuplée d’environ 5 millions d’habitants (c’est très approximatif, car il n’y a pas eu de recensement dans le pays depuis belle lurette). Il n’y a pas des milliers de choses à faire ici.

La pagode Shwedagon

La pagode Shwedagon

Anyway, on est dans le début de la saison des pluies. Donc, la vie se passe le matin. Vers 10 h, il fait trop chaud. Vers midi, il pleut. Tout l’après-midi. Vers 16 h, le soleil ressort, et il fait encore plus chaud. Alors, on se lève tôt. Ça tombe bien, la vie commence de bonne heure. On sort. On dîne. Et on prend le thé. Sur le coin d’une rue. Dans un stand de thé. Un tea shop. Comme tous les autres tea shop. Sous des bâches bleues. Du bambou qui sert de montant pour la bâche. Assis sur des chaises d’enfant en plastique. Sous la pluie. Avec les Yangonais. Quand on arrive, ils semblent beaucoup plus intimidés par nous, que nous par eux. On doit alors briser la glace en leur disant « Mingalaba », ce qui veut dire « bonjour », ils nous répondent en nous offrant leurs belles dents rouges, et ils rient. La gêne est tombée. Et quand on leur dit « jay-su ding-ba-de », qui veut dire merci, ils semblent apprécier l’effort, et on sent qu’on est dans le « crew ».

Do dans un tea shop

Do dans un tea shop, à Yangon

Et lorsqu’il ne pleut pas et qu’on n’est pas en train de boire du thé, on visite. On a visité la fameuse pagode Shwedagon. Après avoir fait 2 tours de la pagode, un premier tour pour prendre des photos, et un second pour prendre le temps d’apprécier l’ambiance de ce temple, on a rencontré Tun Tun. Il nous a offert un tour de la pagode pour nous initier à quelques rituels du bouddhisme theravada. On s’est dit qu’après avoir visité plusieurs pays bouddhistes, il était vraiment temps d’en apprendre un peu plus. Et c’est donc reparti pour un troisième tour!

Notre guide Tun Tun

Notre guide Tun Tun

Ainsi, il nous a initiés à un rituel bouddhiste qui consiste à vénérer 4 images de Bouddha dans 4 temples différents autour de la pagode situés aux 4 points cardinaux. On doit faire le même vœu aux quatre endroits pour qu’il se réalise. Dans chaque temple, on s’est incliné 3 fois devant l’image, les mains jointes, en collant notre front au plancher. Ensuite, on a fait un autre rituel, où on a arrosé 3 images de Bouddha avec de l’eau sacrée, images associées à la journée de la semaine où nous sommes nés, afin de remercier les années précédentes et de vivre jusqu’à 100 ans. J’ai 31 ans, je suis né un mardi, il a donc fallu que j’arrose 32 fois les images de Bouddha du mardi. (Si tu as 45 ans, tu dois arroser les images 46 fois, tu comprends?) Et ce n’est pas fini, une autre image de Bouddha nous permettait de lui demander d’exaucer un vœu dans un avenir très proche. Il suffisait de lever une pierre, en estimer le poids, la déposer, faire son vœu, et relever la pierre. Si la pierre semblait plus lourde la seconde fois, ça veut dire que le Bouddha va réaliser ton souhait. Ça l’air que Bouddha est un bon « jack » parce qu’il va réaliser les nôtres. Durant notre visite, Tun Tun nous a expliqué qu’il y a plusieurs positions et plusieurs images de Bouddha liés à différents rituels. Alors, si tu veux un enfant, tu vas voir le Bouddha de la fertilité. Si tu veux des connaissances, tu vas voir le Bouddha couché en direction de l’est. Ainsi de suite, celui qui pratique a plusieurs possibilités de rituels. Tun Tun a été un guide exemplaire, et nous a permis d’entrer dans la peau d’un bouddhiste pendant quelques instants.

Rituel associé au jour de naissance

Rituel associé au jour de naissance

Évidemment après notre visite de la pagode, on s’est arrêté à un tea shop situé sous un arbre centenaire. Après avoir bu trop de thé, on s’est décidé à partir.

Et puis c’était le temps de quitter Yangon. Oh, bonjour le casse-tête! Avec des guides datant de 2012 qui ne sont plus du tout à date. Avec un internet lent qui fonctionne une fois sur 3 (et quand ça marche, c’est comme Noël à la puissance 100 sans les tounes de Michèle Richard). Et l’anglais très basique des gars à l’hôtel. Ce qui m’amène à vous parler du problème de la Birmanie, qui cause quelques maux de tête : ça bouge beaucoup! Des hôtels ouvrent, d’autres ferment, d’autres ne peuvent héberger d’étrangers; les compagnies de bus ouvrent, d’autres ferment, les horaires changent sans préavis. Parfois, certaines divisions (provinces) sont fermées aux étrangers, parfois, elles sont ouvertes, parfois, elles sont ouvertes mais il faut que tu fasses des pieds et des mains pour avoir un permis émis par le gouvernement pour s’y rendre. Vous voyez le genre? Non?!! Ok, debord, j’en rajoute une couche : parfois, certaines routes sont fermées à certaines heures, mais les heures diffèrent, ce qui rend les transports laborieux, ce qui fait que ça donne des heures de départ et d’arrivée incompréhensibles (comme arriver à 3 h du matin à destination) afin de traverser une portion d’une route ou d’un pont avant qu’elle soit fermée. L’information fiable est parfois dure à trouver. On n’est pas en Thaïlande, il ne faut pas l’oublier. C’est la junte militaire qui dirige depuis longtemps. Le pays a été appelé au boycottage pendant des années. Et là, pour faire une histoire courte, du jour au lendemain, le boycottage est levé, et le pays ouvre ses portes à des milliers de touristes. Imaginez le casse-tête. Ce qui fait que la trail touristique n’est pas encore tout à fait rodée si on la compare à ses voisins. (Mais elle s’en vient, ça sent fort. Dépêchez-vous.) Donc, finalement, heureusement, merveilleusement, étrangement, mais évidemment dans le fond, on a trouvé un bus grâce aux petits gars de notre hôtel pour aller à Mandalay, la ville la plus loin de notre itinéraire.

L’autoroute entre Yangon et Mandalay était moderne, mais le paysage, très rural. Il n’y avait pas de circulation; quand il y avait une voiture, c’était presque un événement. Dans le fond, c’est comme sur la 30 en direction de Sorel. Le paysage était parsemé de huttes en pailles, de rizières, de charrettes tirées par des bœufs. Les sorties d’autoroute étaient des chemins de sable qui se reliaient aux villages, mais ce n’est pas très défini. Sauf lorsque nous avons passé devant la capitale, Nay Pyi Taw (qui signifie « la cité des soleils »), située en plein cœur du pays. Grosse sortie d’autoroute, grosse autoroute qui s’y rend, grosses constructions. Ça fesse après 4 heures de paysage de huttes, de rizières et de charrettes tirées par des bœufs…

Le pire là-dedans, c’est que ce n’est que le début…

À suivre : Histoire no 3 : Confessions birmanes

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