Asie / Indonésie

Faux départ!

Faux départ pour l’Indonésie. C’est sûr qu’arriver sur Java vers la fin du Ramadan n’était certainement pas l’idée du siècle. Je prends ma part de responsabilités. Comme lorsque j’ai acheté des billets pour aller voir Kaïn, car Boom Desjardins avait dit que c’était le meilleur groupe québécois. Je prends ma part de responsabilités pour ça aussi. On a noté que les Javanais étaient assez irritables à cette époque de l’année. Mais ça on l’avait déjà lu dans les guides. Tsé, quand tu passes un mois à te lever aux sons des prières à 3 ou 4 heures du matin pour manger avant le lever du soleil. Tsé, quand toute la journée, tu ne manges pas, tu ne bois pas, et tu ne fumes pas, pis que les touristes te mangent dans face, pis que tu attends juste le coucher du soleil pour bouffer. Je peux comprendre la game. Tsé, y a du monde au Québec qui ne sont même pas parlables avant leur café Tim Horton, même s’ils ont soupé au Score’s la veille!  Alors, je peux comprendre leur irritabilité, un poquito!

Comme je le disais, ç’a commencé un peu en queue de poisson (je sais, je sais, habituellement, ça finit en queue de poisson, mais comme c’est moi qui écrit, j’ai le droit de tout faire, même de placer le nom de Janine Sutto n’importe où dans mon article, bon!). Alors, soyez prêts si vous arrivez à la fin du Ramadan sur Java, soyez au courant que c’est l’île la plus populeuse au monde, soyez au courant qu’après ce mois de jeûne c’est Lebaran qui commence et que l’île de Java ne fonctionne plus. Donc, c’est pénible, interminable et cher de se déplacer, parce que tout ce beau monde veut prendre ses vacances dans sa famille et envahit les routes en même temps. Le temps de transport peut doubler. Comme le bus entre Bandung et Pangandaran qui était supposé prendre 6 h, mais en a pris 10 h 30. Il ne faut pas oublier qu’avant de partir de Bandung, on avait pris un bus de 3 heures tôt le matin de Bogor pour s’y rendre. Et le soir est tombé, et les coquerelles ont commencé à envahir le bus. C’était charmant, agréable et enrichissant comme trajet! Partager mon banc avec 3 – 4 coquerelles super sympathiques, j’aurais pas changé ma place pour un siège pour voir les Ice Capades. On avait acheté des dattes plus tôt dans la journée, et disons qu’à la noirceur, quand on en mangeait, on checkait 2-3 petites choses pour être ben sûrs que c’était le fruit et non l’insecte qu’on mangeait; genre si elle bougeait, si elle avait des pattes, si elle avait des antennes. Si tout était négatif, on pouvait les manger, mais un doute planait toujours… En résumé, c’était le pire bus à vie, avec des Javanais quelque peu irritables.  C’était aussi magique que de regarder le poster qui se vendait au Zeller’s en 1995 du chat qui a un « bad hair day ». Mais la question à se poser reste : qu’est-ce qui est le plus pénible entre se déplacer sur Java avec Joe la coquerelle et ses amis durant le Ramadan tout en sachant qu’on va finir tout ça paisiblement à Bali ou bien se lever à 7 h pour aller travailler dans un bureau gris où les collègues sont pas parlables le matin parce qu’il ont pas encore bu leur Tim (même s’ils ont soupé chez Score’s la veille), et rêver devant son ordi d’aller peut-être un jour à Bali?

Arrivés à Yogyakarta, on s’est vite rendu compte qu’il fallait s’activer pour se trouver un moyen de transport pour Bali, parce que c’était presque Lebaran. Et selon tout le monde, Java n’est pas navigable et tout est fermé. Les prix des bus sont indécents et ceux-ci peuvent prendre des années lumières à se rendre (nous, il nous reste que 6 mois, on ne peut pas se permettre de prendre un transport qui prend des années lumières), les billets de trains sont introuvables (ils sont trouvables, c’est juste qu’il faut que tu entres par effraction chez quelqu’un que tu sais qui a des billets pis de lui voler ses billets), et l’avion reste le plus rapide et presque le moins cher. C’était pas prévu dans le budget, mais c’est la game du voyage, avoir des plans B.

Ça ne serait pas vous mentir que de vous dire que l’Indonésie n’était pas ma destination de rêve en partant, qu’on a décidé d’y venir parce que c’était sur notre chemin, que le prix du billet était très bas et que c’est la meilleure place à être en Asie du Sud-Est durant juillet et août car c’est un des seuls endroits où il ne pleut pas. Malheureusement, c’est la haute saison aussi. Surtout à Bali. Je sais que plusieurs rêvent de Bali, mais ce que j’avais entendu à propos de cette île si paradisiaque ne me branchait pas trop. Je sais que je vais me faire lancer des tomates, sûrement des citrouilles (car ça fesse plus sur la yeule), mais sa réputation ne m’appelait pas trop. Tourisme de masse, « day tours » pénibles, touristes non-avertis et irresponsables, vendeurs agressifs, douchebags, gars en vacances qui cherchent le trouble (se réferer ici à douchebags), etc. Personne ne m’avait jamais bien vendu les vertus de Bali. Certains vont dire que « voyons donc l’gros, tu chiales après Bali, pis tu vas te planter dedans dans le moment le plus achalandé, y a 17 000 îles dans c’te pays-là, t’aurais pu en choisir au moins une qui t’aurait satisfait. » C’est vrai, j’aurais pu faire ça. Notre plan initial était d’aller à Sumatra, à Kalimantan ou à Lombok. Faire un peu de Java. Et effleurer Bali pour 2 ou 3 jours. Après quelques recherches, on s’est vite rendu compte que ça aurait coûté beaucoup trop cher de billets d’avion, surtout pour un pays qui me tentait plus ou moins. Et le temps du visa était assez court pour faire tout ça. Et en même temps, je trouvais ça stupide d’aller en Indonésie et d’éviter Bali. On a alors donné la chance à Bali. Car comme mon ami Suisse Jean-Marc disait à propos de ses voyages: « Si c’est touristique, c’est sûrement qu’il y a une très bonne raison! » Heureusement, un certain blogueur que j’adore (lire Stuart de Travelfish.org) a réussi à me vendre un peu Bali.  Do m’a aussi aidé à vouloir découvrir cette destination (en partie grâce aux arguments de Stuart de Travelfish.org). Et le meilleur moyen de se faire une idée, c’est d’aller voir.  Faque j’ai été voir.

Et on est atterris à Denpasar, la capitale de l’île. C’était clair, net et précis que mon plan de match était de partir tôt le lendemain matin pour Amed, une suite de petits villages situés dans le nord-est. Kuta, qui est la plage où tout le monde se masse (à 10 minutes de l’aéroport), ne m’intéressait pas du tout. Car je sais que je n’ai pas besoin d’y mettre les  pieds pour me rendre compte que cet endroit est le berceau de cette mauvaise réputation. Anyway, c’est un ghetto touristique de masse avec tout le négatif qui vient avec, rien d’intéressant à voir là, même si la plage est ben, ben belle. Alors Kuta, oublie-moi, tu me verras pas la face, jamais! (Je sais qu’il ne faut jamais dire jamais, mais là, je le sais, comptez sur moi.) Amed a un curriculum vitae beaucoup plus intéressant selon moi. En plus, on s’est dit qu’on était pour prendre le transport public au lieu de prendre un transport privé comme font 95% des touristes. On se trouvait ben, ben cool. Oh la mauvaise idée! On s’est fait arnaquer, ha mon dieu, que c’était merveilleux et non-transparent! Au final, ça nous a pris 2 fois plus de temps qu’en transport privé, et coûté seulement 5$ de moins… Au moins, on le sait astheure. Hein, Janine Sutto! (je vous l’avais dit que je pouvais mettre le nom de Janine Sutto partout dans mon article.)

Donc la région d’Amed est constituée de plusieurs petits villages alignés sur la côté est de l’île. On y a une vue permanente sur le plus gros volcan du coin, les plages sont faites de sable noir et la route qui longe la mer est vraiment écœurante. C’est très beau, mais aussi bien développé, comme le reste de Bali. Je sais pas trop pourquoi, mais on s’attendait à quelque chose de plus tranquille. J’imagine que quelqu’un qui arrive de Kuta ou de Ubud  peut trouver le coin tranquille. Mais bon, quand t’as passé 8 jours sur une île au Cambodge où il y a pas de rue et encore moins d’électricité, ta vision de la « tranquillité » devient légèrement plus difficile à satisfaire. Donc on est capables de dire que c’était beau, mais y’avait trop de monde. On a même réussi à se faire « scrapper » un des plus beaux couchers de soleil que j’ai vu de toute ma vie. Mise en scène : un volcan, la mer, et le soleil, le tout vu du haut d’une colline. Voyez-vous le portrait? Sauf que vous ajoutez à ça, 100 personnes, de la musique, des ti-counes qui font péter des pétards. On dirait qu’ils parlent tous de ce qu’ils vont manger tout en gossant sur leur Iphone parce qu’il faut qu’ils check-in. Wow! C’est peut-être moi qui vieillit, mais je vous le dis, Bali c’est vraiment magique! En tout cas, plus sur photo qu’en réalité…

C'est beau, hein? Un volcan, la mer, le soleil...

C’est beau, hein? Un volcan, la mer, le soleil…

Pis ça, c'est une mince partie de la vue en arrière de nous autres durant ce coucher de soleil.

Pis ça, c’est une mince partie de la vue en arrière de nous autres durant ce coucher de soleil.

Vu mon humeur… hmmm… comment dire… de marde, Do et un blogueur (lire Stuart de Travelfish.org) m’ont convaincu que Bali c’était plus que ça.

-On va louer une moto! Ça va être le fun! annonça Dominique à Jean-Daniel

-Ha ouin! Ça pourrait être cool! affirma Jean-Daniel

-Avec une moto, on va être libres, on ne payera pas des transports trop chers, et on se fera plus arnaquer! Qu’est-ce que tu en penses, big? questionna Dominique.

-C’E-S-T V-R-A-I! épela Jean-Daniel.

-J’ai même un itinéraire pour toi, depuis le temps qu’on veut louer une moto pour un long bout. Même Travelfish le conseille, Stuart pense la même affaire que moi. Tu dois être content! consola Dominique.

-Ha ben, si Stuart le dit, j’embarque! hurla de joie Jean-Daniel

(Petite note : Stuart est le grand Manitou de Travelfish.org, un guide de voyage en ligne qu’on suit assidûment depuis notre départ. Stuart est vraiment notre messie, c’est notre idole depuis 10  mois, on ne jure que par Stuart!! Quand Stuart dit que ça vaut la peine, on y va! Stuart ne  se trompe pas. C’est le King des voyageurs. C’est notre Sauveur. Alléluia! Maudit que je l’aime ce Stuart-là!)

(Petite note no. 2 : Ce dialogue sera l’objet d’une pièce de théâtre qui se nommera « Stuart a dit » et sera présentée au Rideau Vert en septembre 2015, mise en scène de Stéphane Laporte, mettant en vedette Pascale Bussières dans le rôle de Dominique et Einstein-de-Watatatow dans le rôle de Jean-Daniel, qui sera interprété nu.)

On a alors loué notre moto. J’avais un beau grand sourire dans face. Il faisait beau. Bon, astheure, montre-moi ce que tu vaux, Bali!

WSB

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Un avis sur « Faux départ! »

  1. Einstein de watatatow, rôle qui sera interprété nu !! hahaha, tu me fais rire Jed, c’est n’importe quoi 🙂 Merci de partager tout ça avec nous. J’adore te lire. Je t’embrasse et profite bien de ce magnigique voyage que vous faîtes. xxx

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