Asie / Indonésie

The Motorcycle Diaries du p’tit Jean-Dan à Bali

The Motorcycle Diaries du p’tit Jean-Dan à Bali 

par le p’tit Jean-Dan

Plusieurs semblent rêver de l’Indonésie, et plus particulièrement de Bali. C’est vrai que cette petite île est vraiment fantastique. Bali est comme un « pays imaginaire qui sort directement d’un conte de fée ». Les Balinais ont leur propre culture, leur propre religion, leur propre langue, leur propre île. C’est une île assez fantaisiste qui possède plusieurs volcans sacrés, une jungle luxuriante et des milliers de temples. La mythologie y très présente et se fait ressentir dès que tu sors un peu et t’ouvres aux Balinais. Ils vont t’accueillir comme un ami. Pour ça, il faut creuser un peu. Faque c’est ça qu’on a fait. On a loué une moto pis on est partis.

La moto

La première fois que j’ai chevauché la moto, j’imaginais notre périple comme celui d’Ernesto en Amérique du Sud, avant qu’il devienne le Che. Je m’enlignais pour écrire 8 tomes de notre road trip à découvrir une île fantastique. J’aurais appelé ça « The Motorcycle Diaries »… J’avais une moto, je me sentais viril. Sauf qu’avec ma Honda Beat rose et blanche 100 CC, ça faisait plus Ma Petite Pouliche que Arnold dans Terminator. Pis avec nos casques de tête de micro, on avait du style à revendre. Jean Airoldi peut aller se rhabiller avec un pantalon coupé Armani bleu et avec une chemise rouge Versace qui mettrait ses beaux yeux bleus en valeur.

Belle tête de micro!

Belle tête de micro!

Donc un matin, on est partis d’Amed pour nous rendre à Sidemen. Ça a bien commencé. On s’est promené dans les alentours. On a été invités par des Balinais à visiter un temple après une cérémonie. Ils nous ont expliqué ce qui se passait et nous ont offert du thé. On mangeait dans les warungs (restaurants locaux), et les gens s’assoyaient avec nous pour parler.

Le proprio de notre hôtel est devenu un ami dès qu’on a mis les pieds chez lui. Il était prêt à me vendre un bout de terrain pour que je me construise une « maison d’été ». Vraiment pas cher, presqu’un deal. Mais bon, le problème, c’est que c’était à Bali. Si ça avait été au camping Ste-Madeleine sur le bord de la 20, j’aurais pas hésité, j’aurais même essayé d’organiser un transport mensuel en autobus pour aller au Costco avec ma gang du camping, parce qu’on peut faire des méchants bons deals là-bas, genre un sac de pain de 28 tranches de 4 pieds X 2 pieds chacune et un 28 litres de Cheez Whiz. Oui, oui, je sais, je m’éloigne encore une fois, reprenons… Je disais que Sidemen était calme, tranquille et paisible, tout ça avec des rizières en arrière-plan. On a même été visités le temple le plus sacré de l’île, le Pura Besakih, situé sur le volcan Agung. Je peux même vous raconter une histoire sur ce temple.

Mais avant de continuer, j’aimerais savoir quel type de voyageur vous êtes :

  1. a) « Le Pura Besakih, quossé ça?!!!? On s’en fout! Chus à Bali pour le party à KUTA. PARTY. BEER PONG. YOLO!!! » (N’oubliez pas d’essuyer votre bave qui coule en passant.)
  2. b) « Wow, un temple sur un volcan, c’est vraiment hot. Ça, ça m’intéresse, je veux connaitre l’histoire du Pura Besakih dont tu parles! »
  3. c) « Moi, je trippe sur les Ficellos, mais pas les originaux, mais ceux à pizza, tsé. ».

Si vous avez répondu a), je ne comprends pas encore pourquoi vous continuez à lire, surtout que ça me surprend que vous sachiez lire, êtes-vous Yves Bolduc? Si c’est b), continuez à lire, ça me fait plaisir. Et si c’est c), je suis surpris de savoir qu’il y a des Ficellos à pizza, c’est-tu bon?

Donc, pour ceux qui ont répondu b) : Le Pura Besakih a été le premier temple édifié sur l’île et a toujours été le plus sacré. Dans la religion hindouiste balinaise, qui est assez différente de l’hindouisme indien, les montagnes représentent le sacré, et la mer, l’enfer.  Au nord se retrouve le tout-puissant, et au sud, les mauvais esprits. Ça tombe bien en sale, parce que le mont Agung est la plus haute montagne de l’île, et il est situé au nord. Les conditions parfaites, quoi! Dans les années 70, le volcan Agung s’est réveillé en beau maudit, il a pété sa « coche » et il a décidé d’exploser. Et il a détruit dans son processus plusieurs villages des alentours. Toutefois, le Pura Besakih, qui est situé directement sur le flanc de la montagne, n’a pas été touché. Il est resté intact. Les coulées de lave sont passées à seulement quelques mètres. Alors, imaginez comment les Balinais ont capoté après ça… Pas pire, comme histoire, imaginez le degré d’importance du Pura Besakih, qui a upgradé ce matin-là.

Et après Sidemen on a continué notre road trip. On est partis à l’heure qu’on voulait, sans être stressés de prendre un bus, ou un taxi, trop tôt le matin. Wow! On s’est dirigés vers Ubud, la capitale culturelle de l’île. Par hasard, on a logé au Redjon Homestay. On aurait dit qu’on arrivait chez grand-papa et grand-maman! L’hôte, Redjon, un vieil homme encore vigoureux, nous a offert des « leçons » sur la culture balinaise à tous les matins. Sa fierté était palpable. Il nous a même fait visiter le temple de la mort dans son village natal, à quelques kilomètres d’Ubud. On a aussi visité le temple familial de ses ancêtres, ainsi que le nouveau temple en construction dans le village. On en a profité pour lui poser un million de questions. Et le comble dans tout ça, Redjon et sa femme nous ont invités à un mariage dans leur famille.

Bon là, il y a un clash entre un mariage à l’occidental et un mariage balinais. Chez nous, c’est un gros party qui est préparé depuis longtemps, tout est rodé au quart de tour, et si tout le monde le pouvait, Michael Bubblé chanterait pendant toute la soirée son registre de chansons de Noël. Au lieu de ça, plusieurs doivent se contenter d’engager le duo Denis et Linda de Pohénégamook. La version balinaise est beaucoup plus compliquée. Pas du côté préparatifs, mais du côté spirituel. Non, il n’y a pas de sacrifices à l’aube de jeunes chèvres vierges albinos qui ont le poil doux comme les cheveux de René-Charles. Le mariage balinais est un amalgame de plusieurs cérémonies qui ont lieu au cours de la journée. Une cérémonie pour éloigner les mauvais esprits, une autre pour inviter les ancêtres (les ancêtres sont morts et leurs esprits vivent au Pura Besakih… j’ai comme un petit brin de scepticisme ici… anyway), une autre pour avoir sa carte de membre à la bibliothèque municipale, une pour demander la permission de s’acheter un pogo-ball, une autre pour autoriser l’union par les ancêtres par l’entremise d’un médium, etc. Celle à laquelle on a assisté, c’était celle pour sceller l’union. Les voisins, la famille, les amis, tout le monde entrait dans la cours de la maison familiale et en sortait à son gré, soit pour offrir des cadeaux aux mariés, pour les féliciter, pour offrir leurs sympathies (hahaha joke de mononcle). Il y en avait qui profitaient seulement du buffet, et certains se cachaient dans le fond pour aller gager au poker avec les autres hommes… Ça a fini tôt, c’était très spirituel, c’était loin d’être une débauche de boisson et de bar open. À moins de s’enfiler 8 Fanta à l’orange, pis d’embarquer sur un rush d’aspartame. Les mariés étaient beaux, ils semblaient très nerveux. Et ça se sentait. Je ne sais pas si c’était la peur que les mauvais esprits interrompent le mariage, que les ancêtres jugent mauvaise cette union, ou tout simplement à cause de la nuit de noces qui approchait…

Les mariés et nous

Les mariés et nous!

De retour à Ubud. Dans cette ville, j’ai désespérément cherché la culture, mais je ne l’ai pas trouvé tant que ça. Pour moi, Ubud est un peu comme le Vieux-Québec, mais avec des serveurs aux faces asiatiques et des temples par-ci, par-là. Sur les 4 rues principales on retrouve des magasins de souvenirs, des restaurants, des cafés et des agences touristiques. À chaque coin de rue il y avait quelqu’un qui voulait nous vendre un billet de spectacle de danse. Je regardais dans les (centaines) de restos et je ne voyais aucun Balinais qui profitait de ça. Certains touristes (qui arrivent sûrement de Kuta) affirment que « c’est cool Ubud parce que c’est plus authentique que Kuta. » Premièrement, je suis plus capable d’entendre le mot « authentique », mais ça, c’est un autre débat. Deuxièmement, je ne crois pas que ce soit si authentique que ça dans le centre de la ville. D’après ce que j’ai vu, les Balinais ne se payent pas de massages, ni de cours de Yoga. Ils ne se payent pas un cappuccino dans café hipster, ni un bon latte chez Starbucks. Donc, l’authenticité peut ben aller se rhabiller avec Jean Airoldi. Oh, on en a profité des cafés de hipsters et des massages. On n’est pas meilleurs que personne. Mais on avait vraiment la désagréable impression que tout, mais vraiment tout, tournait autour des touristes dans cette ville. Ce n’est pas une ambiance qu’on aime particulièrement. En fait, depuis 10 mois, on a plutôt tendance à fuir ce genre d’endroit. Parce que finalement, ces places finissent toutes par se ressembler. On a aussi croisé des expats en train de boire leur café americano et de remercier les serveurs en anglais. Même pas capables de faire l’effort d’un petit « Terima kasih » (merci en bahasa indonesia, la langue nationale), ou encore mieux, un beau gros « Suksema », un beau merci en balinais… En tant que Québécois, je suis peut-être plus sensible à ça que d’autres, mais ça me choque à chaque fois. C’est triste un peu, parce qu’Ubud a plus à offrir que des massages pas chers et des happy hours sur les cocktails. Suksema Bli Redjon d’avoir croisé notre route! (« Bli » veut dire « frère », un titre très respectueux pour les hommes plus âgés. Quand t’es un p’tit blanc-bec comme moi, le « Bli » fait vraiment un bel effet, surtout auprès des jeunes et des policiers, qui trouvent ça très drôle.)

 

Ensuite on a quitté Ubud pour aller dans les montagnes de Munduk. On a eu un beau moment de répit, car je pouvais compter sur les 15 doigts de mes 6 mains le nombre de touristes. Munduk, c’est beaucoup moins achalandé qu’ailleurs sur l’île. Jusqu’à environ 10 h du matin, quand les day tours de Kuta s’invitent dans le trafic. On a quand même réussi à profiter de l’air frais et des merveilleux couchers de soleil dans la vallée.

Et on est revenus à Amed, pour ramener notre moto à bon port. Elle a mis du baume sur notre cœur celle-là. Elle nous a vraiment aidés à apprécier Bali. Le problème avec Bali, c’est qu’on dirait qu’il y a un manque de curiosité chez beaucoup de touristes. Il y a une trail (trop) définie, il y a des day tours qui créent des commotions énormes sur les routes (tu échanges donc l’heure de pointe de la 40 pour passer une bonne partie tes vacances dans le trafic). Quand il y a des cérémonies, certains se permettent de river leurs kodaks à deux pouces de la face des pratiquants. Ils oublient que ces gens sont en périodes de recueillement. Ils oublient de demander s’ils peuvent prendre des photos. C’est comme si tu étais à des funérailles dans un cimetière avec ta famille, et que 7 autobus de touristes débarquaient en riant et en criant, les filles en tops transparents, les gars avec des casquettes fluos et des camisoles de Molson Dry, et qui te prendraient en photo. Ça ressemble pas mal au portrait typique des touristes qui se paient un day tour de Kuta.  Moi en tout cas j’aurais clairement moins de patience que les Balinais!

Ça c’était ma montée de lait. Mais toute médaille a évidemment son revers. L’île de Bali peut aussi être fantastique, les Balinais sont très amicaux. Le tourisme est essentiel ici, il a permis à beaucoup d’augmenter leur niveau de vie.  Plusieurs belles histoires sont de véritables success stories. Tous les hôtels où nous avons dormi appartenaient à des Balinais qui ont travaillé fort et ont réussi à rehausser leur qualtié de vie grâce aux touristes comme nous. Ce qui est dur à gérer et à digérer,  c’est l’attitude irresponsable, irrespectueuse et fendante de certains touristes occidentaux!

Bali, tu m’as montré ce que tu valais, et je suis sûr que tu vaux beaucoup plus que ce que j’ai réussi à voir. Tu as été comme un Bye Bye de fin d’année pour moi. On t’as attendu, on avait hâte de te voir, les attentes étaient hautes. À toutes les fins d’années, certains vénèrent le Bye Bye, d’autres le critiquent. La facture télévisuelle et le montage sont toujours à coche, mais malheureusement ce qu’on retient souvent sont les bouts où les comédiens sonnent faux et où les jokes tombent à plat. En plus, on a parfois le sentiment qu’on aurait pu en avoir plus. Pis on se dit au final que c’était juste correct. Mais tsé, on aurait pu aussi juste se contenter du spécial d’Infoman, à qui on en demande pas tant, mais qui livre toujours la marchandise. Dans le fond, Bali, c’est comme un peu le Bye Bye.

Bye bye Bali!

Nos faces au coucher du soleil

Nos faces au coucher du soleil

 

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Le grain de sel de la p’tite Do à Bali

par la p’tite Do

On vous mentira pas, nos destinations, on les aime un peu plus exotiques que ça. Je crois que Bali a aussi été victime d’un mauvais timing. On revenait de la Birmanie, avec des étoiles dans les yeux. Notre cœur y était encore. On avait encore le goût de boire du thé sur des mini tabourets en plastique et de se perdre dans les rues chaotiques et colorées de Yangon. Au lieu de ça, on est atterris sur une île où le tourisme est ultra bien rodé. En haute saison à part de ça. On a pu dire adieu à notre sentiment d’aventure.  Il y a quand même des avantages à ça. Les hôtels étaient hyper confortables. Et cute en plus de ça.  On avait des lampes de chevet qui offraient un éclairage tamisé (un vrai luxe en Asie!) Tout le monde parle anglais. Louer une moto coûte trois fois rien. Les routes sont bien pavées. Les villages comptent parmi les plus beaux d’Asie du Sud-Est. Et comme mon chum le disait, le tourisme a permis à la majorité des Balinais de relever leur niveau de vie, ce qui n’est pas négligeable. Mais il y a aussi les désavantages : le trafic (partout, partout, partout), les vendeurs de n’importe quoi qui t’achalent tout le temps, les gars baveux qui nous prennent vraiment pour des épais. Et en plus, j’ai trouvé les plages hyper décevantes. J’imagine que c’est pour ça que tout le monde se ramasse aux îles Gilis.

Est-ce que je suis contente d’avoir vu Bali? Bien sûr! C’est une belle île et la culture y est vraiment fascinante. Et j’ai pu m’en faire ma propre opinion. Est-ce que j’y retournerais? Ben non, parce que je préfère les endroits où on peut sentir que la vie suit son cours, où tout n’est pas fait et pensé en fonction des touristes! Est-ce que je la recommanderais à mes amis? Absolument. C’est une belle destination, je pense qu’il faut juste modérer ses attentes. L’île n’est pas (ou n’est plus) le paradis présenté dans Mange Prie Aime. C’est une grosse machine touristique bien huilée, avec toutes les arnaques qui viennent avec. Et de grâce, n’y allez pas en juillet ou en août. À moins que vous teniez mordicus à être pris dans des bouchons de circulation avec la moitié de la population de la France. Il y a beaucoup trop de monde à cette période.

Mais je suis vraiment curieuse, ceux qui sont passé par Bali, comment l’avez aimé? Êtes-vous revenus enchantés? Déçus? Incertains? Racontez-moi ça!

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